L’absence (ou la faiblesse) de la mixité sociale dans les écoles et les établissements scolaires suscite spontanément de la réprobation, voire de l’indignation. L’enjeu est de taille, la scolarité et les diplômes déterminant fortement (et particulièrement en France) le destin de chacun. Pourtant, œuvrer pour la mixité sociale ne semble pas faire l’unanimité ni entraîner de réelle volonté politique et citoyenne pour la rendre effective. Futuribles a interviewé Aziz Jellab sur cet enjeu, aussi important que rarement traité frontalement par les politiques publiques.
Quelle est la situation en France en matière de mixité sociale ?
A.J. : La mixité sociale désigne les caractéristiques socioéconomiques des élèves scolarisés, la part respective des différentes catégories sociales dans les établissements scolaires. Elle renvoie aussi bien à des professions et catégories sociales qu’à l’origine « ethnoculturelle » des élèves.
La forte corrélation entre l’origine sociale et la réussite scolaire conduit à une polarisation entre établissements [1] : ainsi, théoriquement et en l’absence de ségrégation, chaque collégien devrait compter 22 % de camarades provenant de catégorie sociale favorisé



