Le déclenchement de « l’opération militaire spéciale » russe en Ukraine, en 2022, a provoqué de profonds changements dans les circuits d’approvisionnement énergétique de l’Europe, mi-forcés mi-voulus. Les Européens se sont organisés pour importer davantage de gaz naturel liquéfié en provenance d’autres fournisseurs, et ont accéléré le développement des énergies renouvelables. Ce mouvement était déjà bien engagé, du fait de la volonté de l’Union européenne (UE) de décarboner massivement son économie.
La part des énergies renouvelables dans l’énergie finale [1] consommée dans l’UE avait doublé depuis le début des années 2000, dépassant légèrement 20 % en 2021. Le changement était largement tiré par le secteur de la production d’électricité : les énergies fossiles fournissaient un peu plus de la moitié de l’électricité jusqu’en 2009, le nucléaire presque un tiers à son pic de 2002, l’hydroélectricité le reste. En 2021, le nucléaire était descendu au quart, et les énergies renouvelables faisaient jeu égal avec les fossiles, les unes et les autres à 37 %.
Après l’agression russe, l’objectif pour 2030, fixé alors à 35 % de renouvelables dans l’énergie finale, est remonté à 42,5 % sur proposition de la Commission européenne. Là encore, la nécessité de réduire la dépendance énergétique à Vladimir Poutine se mêle à la nécessaire accélération de l’effort de décarbonation. De nombreux États membres ont renforcé leurs objectifs et accéléré le déploiement. Dans la production d’électricité de l’UE, en 2024, le solaire a dépas



