Revue

Revue

Préparer l’avenir en zone de turbulences : est-ce possible ? Comment faire ?

La quatrième édition du Forum des futurs s’est tenue les lundi 8 et mardi 9 juin 2026 à l’ESCP Business School. L’événement a permis de réunir les organisations membres de l’association Futuribles International et les représentants de son écosystème pour deux journées consacrées au monde de 2050.

Pour conclure la première journée du Forum des futurs 2026, nous avons écouté la table ronde : « Préparer l’avenir en zone de turbulences : est-ce possible ? Comment faire ? » Elle a réuni :

Alexis Bonnel, responsable de la prospective à l’Agence française de développement (AFD). Il s’est interrogé sur ce qui peut faire commun et a pointé cinq facteurs de transformation :

  1. L’accumulation de crises génère un nouveau type de communs. On passe d’une logique de protection à une logique de cogestion de dynamiques complexes.
  2. La politisation croissante de ce qu’on considère comme un enjeu commun.
  3. La porosité croissante entre enjeux locaux et enjeux globaux — comme les micropolluants plastiques ou les polluants éternels, qui se disséminent très rapidement dans l’environnement.
  4. L’être humain est plus que jamais augmenté par l’IA et les technologies. Il y a un enjeu de protection de certaines dimensions technologiques.
  5. La gouvernance des biens communs est de plus en plus stratifiée et fragmentée. 

Cédric Denis-Rémis, directeur général adjoint de l’ESCP Business School. Il a souligné trois tendances qui affectent l’enseignement supérieur :

  1. L’ouverture mondiale de la connaissance.
  2. L’internationalisation complète des talents.
  3. La marchandisation des écosystèmes de l’éducation.

Laure Jaubert, directrice de la prospective au sein du Groupe Michelin. Elle a confié qu’au sein du Groupe Michelin, ils croisent, dans leurs présentations, les quatre forces géopolitique, démographique, technologique et climatique. Cela permet de rendre le futur signifiant pour les collaborateurs. Elle précise par ailleurs qu’en tant que multinationale, la question de l’autonomie stratégique résonne fortement dans le fonctionnement de la chaîne de valeur de l’entreprise. 

Pierre Lévy, ambassadeur de France. Il estime que nous sommes dans une période d’éclatement de la puissance qui va se poursuivre jusqu’en 2050. Selon lui, la grande question est celle de la multipolarité : c’est déjà une réalité aujourd’hui ; demain, sera-t-elle organisée avec des mécanismes collectifs ou sera-t-elle un jeu d’antagonismes ?