Revue futuribles n° 380

Ressources naturelles, énergie, environnement - Société, modes de vie

Le climato-scepticisme. Réflexions sur la confusion des genres

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À l’heure où sortira ce numéro de Futuribles, la désormais traditionnelle conférence internationale sur le changement climatique, prévue cette année du 28 novembre au 9 décembre, aura commencé à Durban, où les différents pays du monde tenteront à nouveau de se mettre d’accord sur une série de mesures destinées à endiguer le réchauffement climatique de notre planète. Il est loin d’être acquis qu’ils y parviendront, en dépit d’un diagnostic — le réchauffement du climat et son origine anthropique — qui fait quasiment l’unanimité dans la communauté scientifique. Nous disons « quasiment » car subsistent, ici ou là, des individus qui contestent le changement climatique : les climato-sceptiques. Futuribles a déjà consacré un long forum à l’une des figures emblématiques de cette mouvance, Bjørn Lomborg, en mars 2005 ; mais nous y revenons aujourd’hui au travers de l’analyse d’Antonin Pottier qui examine les ressorts sociopsychologiques du discours climato-sceptique.
L’auteur distingue deux éléments dans le débat sur le changement climatique : une partie « diagnostic » comprenant l’observation du réchauffement de la planète, ses causes (l’émission de gaz à effet de serre) et ses conséquences possibles (scénario tendanciel de bouleversements climatiques de grande ampleur) ; et une partie « prescription » qui, tenant compte du diagnostic, propose des mesures politiques et relève non plus d’observations scientifiques mais d’une appréciation morale. Après un rappel de ce qui alimente le débat (la part d’incertitude qui, selon l’auteur, ne peut concerner que la vision prospective découlant de l’observation des faits, et non la qualification des faits observés), Antonin Pottier montre bien que les thèses climato-sceptiques relèvent d’une confusion entre le diagnostic et la prescription : c’est parce qu’ils refusent la nécessité ou le contenu des politiques climatiques qu’ils en viennent à dénier la réalité scientifique du changement climatique, déplaçant le débat et s’enfonçant dans l’erreur. Une posture d’autant plus dommageable qu’elle trouve un écho médiatique important tendant à embrouiller un peu plus les informations à la disposition de l’opinion publique : « La perception des enjeux contemporains par le citoyen est entravée, au profit des intérêts que fragiliserait une lutte contre les émissions de gaz à effet de serre. »

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