L’effondrement est généralement défini comme la réduction rapide et durable de la complexité, voire de la population d’une société (Jared Diamond, Joseph Tainter) ; Yves Cochet, pour sa part, évoque une situation dans laquelle « les besoins de base (eau, alimentation, logement, habillement, énergie, mobilité, sécurité) ne sont plus fournis à une majorité de la population par des services encadrés par la loi [1] ».
La crainte de l’effondrement est liée à la conjonction d’un ensemble de processus en cours et au risque de franchissement de seuils critiques. Les déterminants sont multiples : difficulté à se passer d’une énergie fossile en voie de raréfaction, mais sur laquelle tout notre système social, économique et productif est conçu, impossibilité d’interrompre une mécanique d’émission de gaz à effet de serre activant des boucles de rétroactions et menant à une trajectoire de fort réchauffement, extinctions massives, mais aussi instabilités sociales liées à l’interdépendance de systèmes trop complexes ou à des représentations et valeurs collectives inadaptées à l’ampleur de notre impact sur le globe.
Épisodique jusqu’en 2015, la publication d’articles ou la diffusion d’émissions consacrées au thème de l’effondrement connaît une accélération en 2018 [2] à la suite d’un ensemble de phénomènes (canicule, catastrophes naturelles, appels, pétitions [3], etc.). Ainsi, le terme effondrement a été utilisé par le Premier



