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Croissance verte : des intentions aux actions

Cet article fait partie de la revue Futuribles n° 392, jan.-fev. 2013

Dans le contexte de plus en plus pressant de changement climatique, d’épuisement des ressources énergétiques fossiles et de crise économique durablement installée, un concept fait peu à peu son chemin, celui de la « croissance verte », visant à promouvoir un développement économique respectueux de l’environnement. « Verdir » la croissance économique, c’est développer les éco-activités, investir dans les énergies renouvelables, dans l’amélioration du rendement d’utilisation de l’énergie et des matières, etc. Mais de l’affichage politique de telles ambitions à leur concrétisation, il y a un pas qui, pour l’heure, n’a guère été franchi de manière convaincante, en particulier en Europe. Pour cela, encore faudrait-il avoir une vision solide du modèle économique pertinent en matière de « croissance verte ».

Pierre-André Jouvet et Christian de Perthuis se sont penchés sur le sujet et présentent ici leur analyse économique de la croissance verte. Ils soulignent, dans un premier temps, que nous sommes passés d’un « mur de la rareté » des ressources à un « mur environnemental », autrement dit d’une limite physique liée à un stock à une limite liée à l’altération des capacités humaines de régulation du système naturel ; de fait, il devient indispensable d’intégrer le capital naturel dans les facteurs de production (au même titre que le capital et le travail). Cela implique alors que l’on peut investir afin d’améliorer ce facteur de production ; cela implique aussi qu’il entre en ligne de compte dans la répartition des richesses entre facteurs de production.

Or, selon les auteurs, la plupart des actions mises en œuvre au nom de la croissance verte sont, pour le moment, de complaisance et n’introduisent pas véritablement l’environnement dans le système productif ; elles ont donc peu de chances d’insuffler une dynamique économique nouvelle. Le véritable changement ne peut venir que de la rémunération du capital naturel par réaffectation des revenus à la fois du travail et du capital, au prorata de leurs contributions initiales à la pollution environnementale. Dans cette optique, les auteurs proposent des pistes d’action (élargissement de la notion d’efficacité, transition écologique, intégration de l’équité dans les choix écologiques…) et présentent les leviers de financement mobilisables en faveur d’une telle croissance verte.

#Croissance économique #Développement durable #Théorie économique

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