À la demande du président de la République, s’est tenu le 19 août un séminaire gouvernemental sur « la France en 2025 » qui, selon les termes du Premier ministre, doit marquer le début d’un processus servant à « fixer un cap » pour orienter la politique du gouvernement. Faut-il d’emblée y voir une pure opération de communication à caractère dilatoire ou, au contraire, se féliciter que le gouvernement s’exerce à une telle démarche prospective ? Soyons constructif et essayons de comprendre quel peut être l’utilité d’une telle démarche et les conditions de son succès.
Comme l’écrivait le philosophe Maurice Blondel « l’avenir ne se prévoit pas ; il se prépare ». En fait, il se construit notamment au travers de décisions et d’actions humaines, celles de l’État (bien qu’il ne soit pas le seul acteur en scène) étant en France particulièrement déterminante. Mais pour disposer d’une certaine liberté de décision et d’action, encore faut-il que les acteurs fassent preuve d’une certaine capacité d’anticipation pour ne point être en permanence exclusivement acculés à gérer les urgences, celles-là dictant à elles seules leur conduite.
C’est, par exemple, ce qui dicta la création par le Premier ministre Georges Pompidou, en 1962, du « Groupe 1985 », dont l’objectif était « d’étudier, sous l’angle des faits porteurs d’avenir, ce qu’il serait utile de connaître dès à présent de la France de 1985 pour éclairer les orientations du Ve Plan » [1]. Cette initiative, du reste, ne fut pas la seule, ni en France ni à l’étranger, de nombreux gouvernements ayant compris – même si notre pays l’a hélas un peu oubli


