Le capitalisme a-t-il une âme, ou se résout-il indéfiniment, pour paraphraser Lamartine, dans des objets inanimés : smartphone, compte d’exploitation, titre financier ou tableau de maître vendu aux enchères ? La question, qui a fait couler beaucoup d’encre depuis deux ou trois siècles, mérite d’être posée à nouveau en cette période de marasme économique. Les théories des auteurs classiques, comme les travaux plus récents ou les résultats des enquêtes sociologiques, vont en définitive dans le même sens : l’économie libérale repose sur un système de valeurs sociales qui lui donne un sens et la rend acceptable au plus grand nombre. Cependant, la crise majeure que traverse cette économie s’accompagne aussi d’une crise de valeurs qui tend progressivement à se radicaliser.



