Dans notre précédent numéro, Alain Parant alertait sur la baisse notable de la fécondité française depuis 15 ans qui, si elle se confirme à moyen-long terme, pourrait entraîner un possible déclin démographique du pays. Pourtant, la France reste très enviée en ce domaine parmi les pays développés, en particulier par le Japon qui voit sa population vieillir et se réduire de plus en plus rapidement. Le sociologue Seiichi Kitayama confirme, dans cet article, les inquiétudes suscitées par la situation démographique du Japon. Après un bref rappel historique du dépeuplement en cours et des conséquences qui en découlent sur le plan socio-économique, il présente les raisons communément avancées, au Japon, pour expliquer la baisse de la fécondité, à commencer par le recul du mariage. Mais, précise-t-il, les commentateurs se trompent en général de débat en pensant qu’inciter (financièrement) les jeunes Japonais au mariage pourrait répondre au problème : la question relève selon lui, avant tout, d’un problème sociétal, voire idéologique, en lien avec les conditions de travail, l’égalité hommes-femmes, la gestion archaïque des unions libres et des naissances hors mariage… Il revient sur ces différents aspects, trop souvent occultés par les gouvernants japonais dans leurs débats visant à lutter contre le déclin démographique du pays, soulignant que rien n’est inéluctable si l’on décide d’activer les bons leviers pour encourager la natalité.
Effondrement démographique au Japon, une situation dramatique ?
© Artmim / Shutterstock
Cet article fait partie de la revue Futuribles n° 468, sept.-oct. 2025



