Revue

Revue

Sensibilité des consommateurs au bien-être animal et initiatives privées

La question du bien-être animal (BEA) est arrivée depuis quelques années sur l’agenda politique et médiatique. La règlementation européenne ne cesse de s’adapter pour mieux le prendre en compte : l’élevage des veaux a ainsi évolué avec la mise en place des cages collectives ; celui des poules pondeuses s’est transformé avec le développement des cages aménagées, l’attache et le logement individuel ont été bannis pour les truies, etc.

En France, l’année 2014 a été l’occasion d’un débat animé sur le statut de l’animal, désormais reconnu comme « être vivant doué de sensibilité » dans le Code civil (ce qu’il était déjà dans le Code rural). Les associations et ONG internationales ont poussé à ces évolutions du droit, et continuent de réclamer de nouvelles avancées ou de dénoncer des manquements. Elles sont de plus en plus relayées par les médias qui font la lumière sur des pratiques que les consommateurs ignoraient jusqu’ici. Ces derniers, ainsi sensibilisés, deviennent plus attentifs à la question du BEA et demandent des comptes aux producteurs comme aux industriels.

Les acteurs privés ne se sont pas contentés de suivre les évolutions de la règlementation. De nombreux groupes ont adopté une stratégie pro-active, prenant des engagements concrets (comme l’arrêt de l’utilisation d’œufs de poules élevées en batterie), en adoptant des chartes de bonne conduite, voire en créant des labels en coopération avec des ONG.

Le BEA est en effet devenu un enjeu stratégique pour beaucoup de groupes agroalimentaires ou de la distribution. Car si cette question relève de la législation européenne et nationale, 57% des Européens estiment qu’elle implique aussi la responsabilité des entreprises (Eurobaromètre 2016).

Il s’agit également d’une opportunité de marché : une majorité relative d’Européens (47%, +9 points de pourcentage par rapport à 2006) estime qu’il n’y a actuellement pas de choix suffisant de produits respectueux du bien-être animal dans les magasins et supermarchés. La part des consommateurs frustrés de ce point de vue est la plus élevée en Allemagne (62%), en Suède (59%), en Grèce (54%) et en France (52%).

Cette note fait le point sur l’état de la sensibilité des consommateurs au BEA et leur consentement à payer plus cher pour des produits plus exigeants de ce point de vue, avant de passer en revue les initiatives privées et d’étudier la question d’un point de vue économique, en comparant les coûts et les avantages d’une stratégie plus active. Les perspectives à l’horizon 2030 dépendront des progrès susceptibles d’être réalisés dans les domaines scientifiques et techniques ainsi que des choix en matière de labels, ou encore de régimes alimentaires.

——————–
Si vous êtes membre partenaire de Futuribles, vous pouvez télécharger cette analyse en haut de votre écran (après vous être connecté).

#Alimentation

Inscrivez-vous à la newsletter

Tous les mois, recevez une sélection de nos dernières publications, des prochaines formations et des événements à venir. Et ponctuellement des informations sur les activités de Futuribles.

 

Votre adresse de messagerie est uniquement utilisée pour vous envoyer la newsletter de Futuribles et ponctuellement des informations sur les activités de Futuribles. Vous pouvez à tout moment utiliser le lien de désabonnement intégré dans la newsletter. En savoir plus sur la gestion de vos données et vos droits.

 

Futuribles International est un centre de réflexion sur l’avenir.
Ses travaux visent à comprendre les grandes transformations en cours. Ils intègrent la dimension du temps long en insistant sur les marges de manœuvre des acteurs et les stratégies possibles.