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Habiter le temps. Passé, présent, futur : esquisse d'un dialogue politique

Analyse de livre

CHESNEAUX Jean, « Habiter le temps. Passé, présent, futur : esquisse d’un dialogue politique », Bayard, 1996, 1 p.

La relation au temps s’est dégradée. En quoi consiste cette dégradation et comment y remédier ? Comment se donner les moyens d’« habiter le temps » ? Tel est le sujet de cet ouvrage suggestif. La technique et l’économie n’apportent pas que des bienfaits. En ce qui concerne la temporalité, elles imposent des rythmes qui font violence. Le fossé entre le temps biologique, le temps psychologique, le temps de la nature et celui de la société s’est élargi. Notre temps personnel, surchargé, produit le stress. L’écrasement des figures du temps – passé, présent, avenir – oblige à vivre dans l’instant. La crise du temps est aussi crise du sens. Elle a une portée politique. En histoire, une révolution copernicienne s’impose : non plus partir du passé pour aller vers le présent, mais l’inverse. Mémoire, racines, patrimoine sont des repères ambigus. Le bon usage du passé ne consiste pas à le conserver ni à l’occulter, mais à recueillir son expérience pour préparer l’avenir. Avec la mondialisation, le temps se rétracte, tandis que l’espace s’ouvre. Reconquérir le temps, c’est sortir de la conception linéaire des positivistes et redonner toute sa place au moment singulier, au « kairos », à la force de l’événement qui fait advenir la nouveauté ; c’est aussi reconsidérer la relation économie-société ; c’est encore apprendre à penser politiquement la durée. La politique ne peut se construire que dans une tension féconde entre présent, passé et avenir. L’auteur invite à réintégrer le temps dans notre art de vivre comme dans nos pratiques citoyennes. Les étapes de sa réflexion sont illustrées par quatre « interludes » qui mettent en scène George Orwell, Walter Benjamin et Péguy, Chateaubriand, Ernest Bloch avec le principe espérance et Hans Jonas avec le principe responsabilité qu’un bon usage du temps devrait permettre de concilier. Le temps auquel Jean Chesneaux applique sa réflexion n’est pas seulement celui de l’individu ; il est un enjeu politique majeur.

#Facteur temps

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Ses travaux visent à comprendre les grandes transformations en cours. Ils intègrent la dimension du temps long en insistant sur les marges de manœuvre des acteurs et les stratégies possibles.