Septembre 2017

Il y a un siècle, John Keynes prédisait que grâce aux gains de productivité permis notamment par les technologies, il suffirait d’ici 2028 de travailler trois heures par jour pour disposer d’un salaire suffisant (pour répondre à nos besoins matériels). Au point qu’il s’inquiétait de savoir comment les individus allaient occuper tout ce temps libre et redoutait un ennui généralisé [1] !

Pourtant, en ce début de XXIe siècle, le travail humain reste une composante majeure des sociétés occidentales. Et les incertitudes concernant le futur du travail alimentent d’innombrables rapports, ouvrages et études.

Au travers de ses différents supports, Futuribles participe à ces débats collectifs, qui posent notamment quatre grandes questions pour l’avenir.

 

1. L'emploi détruit par les robots ?

Les machines remplaceront-elles les hommes ? Ce thème, qui n'est pas nouveau, donne lieu depuis quelques années à une abondante littérature, certains redoutant l’avènement des machines, qui rendrait le travail humain inutile, alors que d’autres se réjouissent au contraire du temps libre qui serait ainsi libéré pour les humains.

Dans tous les cas, les développements de la robotisation, de l’automatisation, ou de ce qu’une récente étude de l’INRS appelle la « logicialisation » feront évoluer la structure des emplois et la nature des métiers et du travail dans de nombreux secteurs.

2.Les salariés mieux pris en compte par le management?

Un récent article de la revue Futuribles rappelle qu’on observe, dans les pays européens et particulièrement en France, une croissance de la prescription et de l’intensification des rythmes de travail pour les salariés. Cette logique poussée à l’extrême et couplée avec le potentiel de l’intelligence artificielle pourrait même conduire à la mise en place de flash organizations, des entreprises qui recrutent des compétences à la demande, pour un projet donné, voire pour une tâche précise à effecteur en quelques heures.

Cette évolution va à rebours d’une littérature prolifique recommandant d’accroître l’autonomie des travailleurs : favoriser le télétravail, la déconnexion, voire appliquer les principes de l’entreprise dite « libérée ».

3. Demain, tous travailleurs indépendants ?

En France, le nombre de travailleurs indépendants a augmenté de 25% depuis 2003, et ils représentent aujourd’hui 11,5% des travailleurs en emploi (soit deux fois moins qu’en 1970). Cette récente croissante amène certains analystes à considérer que tous les travailleurs pourraient, dans un futur proche, devenir indépendants. Cette hypothèse est néanmoins remise en cause par une récente étude réalisée par Futuribles pour Alptis, mais aussi par les travaux de Gilbert Cette et Jacques Barthélémy.

Ces analyses mettent par contre en avant le fractionnement croissant des carrières professionnelles et l’essor de la pluriactivité, qui pourraient avoir des impacts tout aussi importants sur les revenus, les conditions de travail mais aussi sur le système de protection sociale.

4. Vers un revenu universel ?

En réponse aux mutations du marché du travail, le revenu universel apparaît comme une piste pour réduire les inégalités de revenus, accroître la flexibilité du marché du travail et moderniser le système de protection sociale. Cette idée est défendue depuis de nombreuses années par des analystes comme Philippe Van Parijs, et donne lieu à des expérimentations mais aussi à des débats. En effet, sa mise en place suppose de répondre à certaines questions, notamment le montant de l’allocation, son financement et son horizon de mise en place.


[1]  Keynes Jonh Mayard, « Perspectives économiques pour nos petits-enfants » in La Pauvreté dans l’abondance, Paris, Gallimard, coll. « Tel », 2002.