Tribune, Revue futuribles n° 446

Institutions

Quel avenir pour la Constitution administrative de la France ? L’action publique et son rapport au temps

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L’originalité et la force du modèle politique français résultaient du fait que l’État s’appuyait sur deux piliers, affirme Arnaud Teyssier, l’un d’essence politique, l’autre de nature administrative, une « Constitution administrative » dont Bonaparte avait jeté les bases. De Gaulle avait bien compris l’intérêt d’un tel attelage entre la sphère politique et la sphère administrative, et s’était attaché, après la Libération, à le restaurer, considérant que la démocratie relevait du politique, celui-ci étant sujet aux fluctuations de l’opinion et inévitablement court-termiste, tandis que la République devait sa force à une administration solide et pérenne, incarnant l’intérêt général, capable de penser le long terme tout en affrontant les urgences. Nos lecteurs comprendront que l’auteur, en nous livrant cette interprétation, plaide la cause d’une administration incomprise et aujourd’hui menacée.

Si la démocratie est en crise et les institutions fragilisées, cela résulte à ses yeux de la destruction, depuis 30 ans, de cet heureux équilibre, notamment de la remise en cause de la « Constitution administrative » du fait d’une ignorance de sa spécificité, et de la confusion des rôles entre le politique et l’administration. Arnaud Teyssier dénonce ici le démantèlement de cette dernière, soumise à une double critique, celle de son omniprésence et celle de son impuissance ; il milite ainsi pour la restauration d’un État rétabli sur ses deux pieds, y compris donc d’une administration publique garante des institutions et stratège. Un point de vue solidement argumenté, mais qui ne manquera pas de susciter le débat.

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