Revue futuribles n° 401

Économie, emploi - Territoires, réseaux

Grands événements sportifs : la nécessité d’une réévaluation

Lorsque paraîtra ce numéro, la coupe du monde de football 2014 battra son plein, avant la grande finale prévue le 13 juillet dans le stade de Rio de Janeiro. C’est en effet le Brésil qui, cette année, accueille la compétition sans doute la plus suivie à travers la planète et qui, pour ce faire, a entrepris de vastes travaux qui ont duré plusieurs années et mobilisé d’importantes sommes d’argent. Un tel investissement financier pour organiser ce type d’événement, qui plus est dans un pays certes émergent, mais dont une part encore importante de la population ne bénéficie aucunement des retombées de la croissance économique, est-il justifié ?

C’est l’une des questions centrales abordées ici par Jean-Jacques Gouguet et Jean-François Brocard, dans leur réflexion sur l’intérêt véritable, pour un pays ou une ville, d’accueillir de grands événements sportifs. Tirant dans un premier temps les enseignements de bilans réalisés après diverses grandes manifestations du même ordre (jeux Olympiques, coupes du monde…), les auteurs soulignent les impacts économiques incertains et la charge financière que cela induit parfois à long terme pour les territoires organisateurs. Ils insistent également sur la non-prise en compte d’externalités pourtant coûteuses aux plans économique, social et désormais environnemental. Puis ils examinent les perspectives qui découlent de ces bilans mitigés pour l’organisation de grandes manifestations sportives à venir, compte tenu d’une part des héritages qui résultent de ces événements (en termes d’infrastructures, d’image de marque…), d’autre part de la façon dont les décisions sont prises en la matière. Ils soulignent ainsi la nécessité de bien choisir les instruments d’aide à la décision (notamment lors de la réalisation d’études d’impact ex ante), et le risque croissant que l’organisation de grands événements sportifs ne soit plus possible dans les pays démocratiques (en raison de la sensibilité des opinions à l’égard du bon usage des deniers publics, et de la priorité donnée aux aspects sociaux et environnementaux).