Revue futuribles n° 353

Recherche, sciences, techniques

Société sous surveillance, peur d'universitaires ?

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L'essor et le perfectionnement des technologies de l'information et de la communication ces dernières décennies offrent aux sociétés modernes des possibilités très ambivalentes. Ces technologies ont ainsi donné aux individus des capacités inégalées de communiquer et d'entrer en relation, ce presque instantanément ; mais, à l'inverse, elles procurent aussi une capacité de contrôle sans précédent à ceux (pouvoirs publics ou autres) qui souhaiteraient les exploiter en ce sens. Dès lors, existe un débat récurrent, en France par exemple, entre ceux qui estiment que l'on se dirige vers un excès de contrôle et de surveillance, à l'image du Big Brother décrit par George Orwell dans son roman 1984, et ceux qui voient dans l'accroissement de ces capacités de contrôle une opportunité de garantir un surcroît de sécurité aux individus. Qu'en est-il effectivement : court-on un risque de surveillance généralisée au détriment des libertés individuelles et dans quelle mesure ?
Selon Olivier Hassid, les cris d'alarme des "anti-Big Brother" sont, pour l'heure, très exagérés en France. D'une part, si les violences ont effectivement beaucoup augmenté ces dernières décennies, elles n'ont pas pour autant engendré un développement dans les mêmes proportions des moyens de contrôle et de surveillance. D'autre part, les technologies de surveillance existantes sont loin de permettre un contrôle généralisé des faits et gestes de tous (moyens de traitement insuffisants, données noyées dans le flot d'informations, complexité?). Enfin, la société elle-même ne semble pas en demande d'un tel renforcement de sécurité, qu'elle soit publique ou privée, le lien social semblant à cet égard encore suffisant pour la rassurer.

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