Revue futuribles n° 303

Entreprises, travail - Institutions - Recherche, sciences, techniques

Pour une politique de recherche

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Les lecteurs de Futuribles sont bien au fait des débats en cours sur la politique (ou l'absence de politique) en matière de recherche et développement en France, notamment en raison de la large place que nous avons accordée à cette question dans nos colonnes.
Nous publions ici le point de vue d'un éminent chercheur, Pierre Piganiol, qui fut le premier responsable de la Délégation générale à la recherche scientifique et technique (DGRST) qui, à l'issue du fameux colloque de Caen en 1956, fut la première instance à orchestrer, au demeurant de manière magistrale, la politique de recherche-développement à l'époque gaullienne.
Pierre Piganiol s'étonne que les cris d'alarme concernant l'insuffisance de l'effort français de recherche n'aient apparemment pas été entendus ou compris. Partant de là, il nous rappelle quelle est la finalité de la recherche (des différents types de recherche) et le rôle d'orchestration majeur qu'il incombe à l'État de jouer en la matière, vis-à-vis non seulement des recherches qu'il finance mais aussi de celle du privé.
Ce rôle d'orchestration implique, souligne ensuite l'auteur, un effort important de prospective afin, autant qu'il est possible, de procéder à des choix à la lumière des besoins futurs de la société. Il exprime ici, en quelques mots forts et simples, ce à quoi d'autres, pompeusement, se réfèrent au travers du débat " Technology push vs social needs " (ou démarche bottom-up).
Enfin, Pierre Piganiol - auquel (qu'il me soit ici permis de le rappeler) je dois d'avoir été nommé, en 1973, responsable de l'association Futuribles - nous donne quelques judicieuses pistes sur la manière de conduire cette politique de recherche qu'il appelle de ses voeux.
Ceux qui ont eu le bonheur de le côtoyer ne seront pas surpris qu'au passage, il insiste tant sur la nécessité de disposer d'une " analyse raisonnée de l'état actuel des connaissances et des recherches ", de ce qu'il appelle la " conjoncture scientifique ". Il est en effet étrange que rien de tel, malgré ses efforts, n'ait depuis le temps été mis en oeuvre...