Revue futuribles n° 213

Institutions - Société, modes de vie

L'engagement politique : déclin ou mutation ?

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Deux thèmes sont récurrents dans la littérature sur l'avenir : le premier est celui de la crise, de la fracture sociale avec la montée du chômage, des inégalités et de l'exclusion ; corrélativement, le second est celui de l'explosion sociale, sinon de la révolution. Que peut donc nous enseigner la science politique quant à l'engagement politique ?
Dans un premier temps (du XVIIIe siècle à 1950), celle-ci fut normative, métaphysique. Elle mettait en exergue la nécessité du citoyen actif et engagé, explique Pascal Perrineau. Puis, dans un deuxième temps, elle a découvert la réalité du citoyen passif. Mais, depuis le début des années quatre-vingt, elle redécouvre l'engagement politique mais sous une forme diversifiée, éclatée.
La participation politique traditionnelle est en crise, affirme Pascal Perrineau : le clivage gauche/droite devient moins significatif, l'engagement dans les partis et les syndicats, la participation aux votes s'étiolent, les lieux de la politique se déplacent de l'espace national à l'espace local et international...
En revanche, de nouvelles formes de participation et d'engagement apparaissent autour de grands enjeux éthiques, écologiques, humanitaires... "Au triptyque de la démocratie de partis, de la mobilisation de masse et des négociations terminales s'est substitué le tryptique de la démocratie du public mettant en avant groupes de pression, experts en communication, stratégies d'image et agora médiatique et sondagière". La tendance est à "l'individuation", à l'atomisation, au brouillage des repères et du paysage politique". Donc conduit à une imprévisibilité plus grande.

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