Revue futuribles n° 169

Institutions

Francis Fukuyama ou le dernier philosophe de l'histoire

En été 1989 la revue américaine The National Interest, d'inspiration conservatrice, publia un article intitulé " The end of history " dans lequel un certain Francis Fukuyama, Américain d'ascendance japonaise, qui travaillait alors du département de l'Etat, utilisait l'exégèse de Hegel par Alexandre Kojève pour énoncer la thèse que l'Histoire avec un H majuscule, donc au sens de cheminement de l'espèce humaine prise globalement vers un certain état final, était en train de s'achever avec la double défaite, économique et idéologique, de l'empire soviétique au profit de la démocratie libérale et de l'économie de marché.
Très vite ce texte suscita de nombreuses controverses en Amérique du nord et en Europe. Dès l'automne il paraissait en français avec quelques coupures, dans la revue Commentaire (n°47). L'auteur a dû très légitimement regretter de s'être borné à un simple article, et il a profité d'une invitation à la RAND Corporation pour rédiger dans le calme un ouvrage assez volumineux qui reprend et développe la thèse initiale, mais avec des nuances telles qu'il ne laisse pas d'en affaiblir quelque peu l'impact. Son but est de répondre à une vaste question : est-il justifié d'écrire (comme F. F. va s'attacher à le faire) une histoire universelle, autrement dit " un schéma d'explication sensé du développement général des sociétés humaines " ? Si oui, y-a-t-il une " fin de l'Histoire " après laquelle on continuerait naturellement à assister à une succession d'évènements plus ou moins spectaculaires (l'histoire sans majuscule), mais sans que soit sérieusement remis en cause l'ordre général des choses, et en particulier le binôme marché-démocratie ?

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