Revue futuribles n° 149

Institutions - Société, modes de vie

Italie : une société sans État

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Si les performances économiques de l'Italie sont à de nombreux égards remarquables - notamment du fait de la multiplication de petites entreprises innovantes -, le pays est confronté à des problèmes structurels importants qui résultent, selon Gabrielle Calvi, d'un individualisme exacerbé et de l'absence de système de régulation collective.
La montée de l'individualisme et le déclin de l'État comme garant d'un certain ordre public - voire d'un projet collectif transcendant les corporations - constituent certes des tendances communes à de nombreux pays industrialisés. Mais ils ont pris en Italie de telles proportions qu'une implosion sociale dramatique ne peut désormais être exclue.
G. Calvi, s'appuyant sur les enquêtes régulières de l'institut Eurisko, montre comment les Italiens, du fait de l'impuissance de l'État à assurer un minimum de bien-être social, se sont orientés vers une recherche effrénée de bien-être individuel, cherchant au passage à concilier de manière plus ou moins heureuse des aspirations à l'évidence contradictoires.
Cet individualisme forcené se traduit par une perte de moralité collective à laquelle les institutions publiques ne sauraient remédier puisqu'elles ont elles-mêmes perdu toute crédibilité, du fait notamment de la corruption de leurs responsables. Au-delà même de tout jugement moral, G. Calvi fait observer que les services publics les plus élémentaires ne fonctionnent plus, que la clase politique est discréditée et que, si dans le désordre la société italienne a fait preuve d'une belle vitalité, la décennie 1990 risque d'être sérieusement troublée.

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