Rapport

Sustainable Consumption: Stakeholder Perspectives

Par

FEM (Forum économique mondial) , « Sustainable Consumption: Stakeholder Perspectives », FEM, 2013.

Ce rapport du FEM vise à fournir aux entreprises une synthèse des réflexions et des actions en cours dans le domaine de la consommation durable, définie comme celle « répondant aux besoins de la génération présente sans compromettre la capacité des générations futures de répondre à leurs besoins ». Pour cela, pendant quatre ans, une cinquantaine de dirigeants de multinationales, d’experts, de scientifiques, d’universitaires et de responsables d’associations ont été réunis afin de comprendre les impacts environnementaux de la consommation, avant d’explorer les opportunités économiques offertes par la consommation durable. Le présent rapport regroupe 20 contributions de ces personnalités.

La consommation représente aujourd’hui plus des trois quarts du PIB (produit intérieur brut) dans de nombreux pays occidentaux. Et cette activité regroupe des systèmes complexes liés à l’extraction de ressources naturelles, à la production, à la logistique, à l’emploi, aux déchets, etc. Or, le constat que la consommation exerce une pression insoutenable sur les ressources naturelles et contribue à dégrader les écosystèmes se diffuse progressivement.

Cette pression risque de s’accroître à l’avenir, à mesure que les habitants des pays en développement adopteront des modes de vie à l’occidentale. Progressivement s’impose aussi l’idée selon laquelle une consommation plus durable ne passera pas uniquement par des progrès technologiques : elle supposera avant tout des changements dans les comportements des consommateurs. D’ailleurs, les attentes de ces derniers envers des produits respectueux de l’environnement se renforcent dans les pays occidentaux.

En réponse, les informations destinées aux consommateurs se sont multipliées depuis quelques années : labels, indicateurs sur les conditions de fabrication des produits, leurs impacts environnementaux, etc. Pourtant, si les acteurs mobilisés s’accordent sur le fait que ces informations devront être encore plus nombreuses à l’avenir, ils admettent aussi qu’elles n’ont pas suffi et ne suffiront pas à elles seules à modifier les comportements. Un excès d’informations peut même se révéler contre-productif, car le consommateur se sent perdu ou dépassé par leur complexité.

En effet, les choix d’achat des consommateurs sont déterminés par de nombreux facteurs, parfois difficiles à analyser : prix, fonctionnalités, marque, attrait pour la nouveauté... La dimension symbolique de la consommation apparaît aussi comme déterminante : la consommation ne répond pas uniquement à des besoins physiologiques, elle constitue un moyen de répondre à des attentes sociales et de s’affirmer en tant qu’individu. Les pratiques de consommation peuvent aussi être très différenciées selon les individus, les pays, les cultures, les modes de vie... Au final, dans les pays occidentaux, seule une minorité d’individus traduisent dans leurs achats leurs préoccupations pour une consommation plus responsable.

En conséquence, faire évoluer les pratiques pourra nécessiter la mise en place d’incitations, voire de normes spécifiques, qui tiennent compte des motivations et des logiques des individus. Il sera aussi nécessaire pour les entreprises d’intégrer les exigences de durabilité dans leurs stratégies, pour vendre des produits plus réparables, plus faciles à recycler…

Les auteurs rappellent enfin que consommer durablement ne veut pas forcément dire consommer moins : au contraire, ils mettent l’accent sur la nécessité de proposer des modèles et des pratiques de consommation qui soient à la fois durables et souhaitables. Il s’agit peut-être de consommer « mieux » plutôt que de consommer moins. Par ailleurs, il n’existe pas, à ce jour, de définition « objective » et globale de la consommation durable, qui déterminerait par exemple la quantité de ressources naturelles qu’un individu peut utiliser chaque année. Selon le Wuppertal Institute for Climate, Environment and Energy, un think-tank allemand, ce volume équivaudrait à 8 000 kilos par an et par habitant, ce qui supposerait une baisse de 70 % à 80 % d’ici 2050 par rapport au niveau moyen de consommation des Européens en 2012.

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