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Qui gouverne le monde ? L’état du monde 2017

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Qui gouverne le monde ? L’état du monde 2017
BADIE Bertrand et VIDAL Dominique , « Qui gouverne le monde ? L’état du monde 2017 », La Découverte, 2016.

Avec l’arrivée de Donald Trump à la tête de la première puissance mondiale, l’année 2017 s’est ouverte sur fond de grande incertitude quant à l’évolution des équilibres internationaux, une incertitude que n’ont pas manqué de confirmer les premières décisions prises par le nouveau président des États-Unis. Si l’on ajoute à cela les ambitions russes et chinoises, l’autoritarisme du président turc, le poids des géants du numérique, la propagation du terrorisme via notamment les technologies de l’information et autres réseaux sociaux…, on prend acte de la complexité du monde actuel et des difficultés à en appréhender les évolutions à venir. Dans un tel contexte, chercher à savoir qui gouverne le monde (et comment) constitue un exercice ardu, auquel se livre cette nouvelle édition de L’État du monde.

Quels sont aujourd’hui les déterminants du pouvoir sur la scène mondiale ? Qui sont les acteurs les mieux placés pour l’exercer et à quel niveau ? Une première partie, « Décryptages », propose d’examiner une série d’acteurs traditionnels au cœur du pouvoir (familles, clans, tribus, mouvements religieux, État, institutions internationales…), dont l’influence tend à être contestée par des acteurs économiques de plus en plus puissants, par des réseaux d’influence de plus en plus efficaces, etc. Hard power, soft power mais aussi théorie du complot, difficultés du multilatéralisme…, sont ici exposés.

Suit un « état des lieux » dans lequel le lecteur trouvera une série d’analyses sur diverses composantes du pouvoir : la domination des hommes (aux dépens des femmes), l’oligarchie qui prévaut dans les institutions multilatérales, le rôle stratégique de la puissance énergétique et des infrastructures de transport, le poids de la dette dans les relations internationales, les évolutions du système monétaire, le pouvoir grandissant des multinationales, la puissance médiatique (et qui la contrôle), l’influence des lobbies, des cercles de sociabilité ou encore des mafias.

Enfin, la troisième partie propose des analyses ciblées sur certaines régions ou certains pays du monde jouant ou susceptibles de jouer un rôle déterminant sur la scène mondiale. Outre un retour sur la politique étrangère de Barack Obama et un focus sur les blocages au Proche-Orient, on y trouve des contributions sur la Russie « à la recherche de sa grandeur perdue », sur les positions stratégiques de l’Iran et la Turquie dans le monde arabe, sur la puissance chinoise, sur le cas d’école que représente la Grèce (et ses déboires) pour l’Union européenne. Mais on y trouve également une analyse originale de la façon dont les polices politiques des anciennes dictatures renversées par les printemps arabes ont évolué et se sont « reconverties » dans leurs pays respectifs, ainsi qu’un focus sur le rôle particulier des services secrets pakistanais dans la politique d’Islamabad, et une contribution sur l’impossible coalition africaine pour lutter contre les islamistes de Boko Haram.

Cette partie et cette édition 2017 (toujours complétée d’intéressantes annexes statistiques) s’achèvent sur une brève analyse des nouveaux modes de mobilisation démocratique et des mouvements de participation citoyenne émergents (tels Syriza, Podemos, Occupy Wall Street), sans doute en guise d’espoir de contrepouvoirs efficaces face aux nouveaux canaux de la puissance. Mais un espoir bien mince au regard des dynamiques à l’œuvre…

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