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Quatre décennies d’achats alimentaires : évolutions des inégalités de qualité nutritionnelle en France, 1971-2010

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Quatre décennies d’achats alimentaires : évolutions des inégalités de qualité nutritionnelle en France, 1971-2010
, « Quatre décennies d’achats alimentaires : évolutions des inégalités de qualité nutritionnelle en France, 1971-2010 », Économie et statistique, 513, 2019, p. 73-93.

Dans le numéro d’Économie et statistique publié début avril 2020, un article analyse, sur quatre décennies, l’évolution de la qualité nutritionnelle des achats alimentaires des Français, destinés à la consommation à domicile. Si la part de l’alimentation baisse dans les budgets des ménages (40 % en 1950, 15,6 % en 2017), des différences sont documentées selon le revenu, le niveau d’éducation, la catégorie socioprofessionnelle, etc. Les auteurs proposent ici une analyse sur longue période, considérant les grands groupes d’aliments et la qualité nutritionnelle selon le revenu et le niveau d’éducation. Elles mobilisent pour cela les données de l’enquête Consommation alimentaire de l’INSEE jusqu’en 1991, puis celles du panel Kantar Worldpanel.

À l’échelle nationale, le contenu calorique des achats destinés à la consommation à domicile a augmenté, passant de 2 084 kilocalories par personne et par jour (kcal/p/j) en 1969 à 2 222 kcal/p/j en 2010. L’analyse par groupes d’aliments montre également une diminution des catégories traditionnelles (pain-pâtes-riz, pommes de terre et légumineuses, etc.) au profit de produits transformés (produits laitiers, plats préparés, etc.). L’utilisation d’un score d’adéquation aux recommandations nutritionnelles (score MAR, Mean Adequacy Ratio) met en évidence une amélioration de la qualité nutritionnelle des achats, croissante jusqu’en 2003, puis stagnant. La diminution des produits denses en calories et pauvres en nutriments peut l’expliquer.

Évolution 1969-2010, des achats de yaourts, fromages et desserts lactés (à gauche), et de produits et boissons sucrés (à droite), exprimés en g/2 000 kcal

Source : INSEE.

Au niveau des ménages, les auteurs montrent que les inégalités, fortes au début des années 1970, sont beaucoup moins marquées en 2010. Selon le revenu, les différences portent plus sur la qualité nutritionnelle que sur le contenu calorique. Les ménages ayant les niveaux de revenu les plus élevés ont des achats présentant une meilleure qualité nutritionnelle, même si les différences se réduisent avec le temps. Selon le niveau d’éducation, il apparaît que les inégalités tendent à s’estomper en 2010 alors qu’elles étaient marquées au départ. La consommation de protéines animales en est une illustration (graphique ci-dessous).

In fine, en dépit de la dynamique générale de convergence, les auteurs soulignent que des inégalités nutritionnelles en fonction du revenu subsistent, les politiques alimentaires et de santé restent ainsi importantes pour atténuer les inégalités sociales.

Déviation, par rapport à la moyenne (%), du contenu en protéines animales des achats pour l’alimentation à domicile, selon le revenu (gauche) et le niveau d’éducation (droite)

Source : INSEE.

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Source :
ce texte est issu du Bulletin de veille du CEP (Centre d’études et de prospective), avril 2020. URL : http://veilleagri.hautetfort.com/archive/2020/04/13/qualite-nutritionnelle-des-achats-alimentaires-en-france-evo-6230508.html. Consulté le 29 mai 2020.

Site web
https://www.insee.fr/fr/statistiques/4467129?sommaire=4467460