Livre

Recherche, sciences, techniques - Territoires, réseaux

Le Big Data des territoires

Par

Le Big Data des territoires
PRIOL Jacques , « Le Big Data des territoires », FYP éditions, 2017.

Après avoir édité le célèbre Pour tout résoudre, cliquez ici. L’aberration du solutionnisme technologique d’Evgeny Morozov (2014) et La Nouvelle Servitude volontaire. Enquête sur le projet politique de la Silicon Valley de Philippe Vion-Dury (2016) [1], FYP éditions nous propose un ouvrage qui expose avec une grande clarté les enjeux posés par l’utilisation des data (les données) à l’échelle locale. La première partie du livre nous convainc assez vite de la puissance d’un mouvement porté par des technologies comme l’Internet des objets mais aussi par des opérateurs aussi puissants qu’un Google assurant « connaître la France mieux que l’INSEE [l’Institut national de la statistique et des études économiques] » ou qu’un Amazon se vantant de savoir avant ses clients ce qu’ils vont lire. L’auteur, Jacques Priol, décrit ensuite fort bien la différence d’approche entre les Européens, qui sont en train de s’accorder sur un encadrement réglementaire de l’usage des données, et les Californiens, pour lesquels cet usage est totalement déréglementé. Il montre aussi le rôle moteur de la France et l’avance de plusieurs entreprises nationales dans le monde nouveau des civic-tech.

Il est moins convaincant lorsqu’il propose de décrire une stratégie territoriale de gestion des données à l’usage des collectivités locales. Quand il évoque « une charte de la donnée dans un territoire » qui sera « préparée par des ateliers associant des habitants et des usagers, mais aussi des acteurs économiques, des startups, des chercheurs  et des universitaires… », le lecteur peut douter de l’efficacité opérationnelle d’un tel processus. Quand, quelques pages plus loin, il rappelle que Donald Trump a annulé unilatéralement, en quelques minutes, les accords qui limitaient l’usage, par les sociétés américaines, des données personnelles qu’elles possédaient sur les ressortissants européens, on comprend que les majors du numérique fonctionnent sur une autre échelle de temps que les collectivités locales françaises. Et quand il conclut « La promesse algorithmique de services publics plus efficaces, plus économes, plus protecteurs et adaptés aux besoins de chacun mérite l’attention de tous. Elle reste une hypothèse », on le devine moins enthousiaste qu’au début de son ouvrage. Ce doute final témoigne du recul et de l’objectivité d’un livre qui est par ailleurs fort bien documenté.

À lire également

Recherche

Faire une recherche thématique dans la base bibliographique