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Économie, emploi - Population - Ressources naturelles, énergie, environnement

2038. Les futurs du monde

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2038. Les futurs du monde
RAISSON Virginie , « 2038. Les futurs du monde », Robert Laffont, 2016.

Six ans après 2033, Atlas des futurs du monde (Paris : Robert Laffont), Virginie Raisson, directrice du Lépac (Laboratoire d’études prospectives et d’analyses cartographiques) propose avec ce nouvel atlas de « radiographier les possibles » du monde à l’horizon 2038. Son objectif est d’alimenter les réflexions sur l’avenir en donnant à voir les tendances lourdes et émergentes, mais aussi les innovations qui pourraient façonner le monde au cours des 20 prochaines années.

L’atlas est structuré autour de six grandes parties qui font toutes l’objet d’illustrations et d’infographies, dans un style très différent du premier opus, qui assume son côté décalé.

La première partie (« D’un milliard à l’autre ») rappelle que l’humanité pourrait compter 9,7 milliards d’habitants en 2050, soit presque quatre fois plus qu’en 1950. Les tensions sur les ressources qui pourraient résulter de cette croissance démographique seront avant tout liées aux choix qui seront faits (ou non) en termes de modèle de production et de modes de vie.

La deuxième partie s’intéresse au « grand basculement » :

— Géographique d’abord, vers l’Afrique et la Chine : l’Afrique devra faire face à des défis démographiques et économiques inédits, auxquels elle répondra au moins en partie grâce aux technologies. En 2017, 97 % des Africains possèdent déjà un téléphone portable pour communiquer, payer, s’informer... De son côté, la Chine devra apporter des réponses au vieillissement de sa population, aux pressions croissantes sur ses ressources naturelles, aux revendications démocratiques...

— Économique également, avec l’essor de la classe moyenne mondiale, qui pourrait représenter cinq milliards de personnes en 2030 (gagnant entre 10 et 100 dollars US par jour).

La troisième partie propose un inventaire des « nouvelles raretés » : pétrole, sable, matières premières agricoles et minières, terres rares, poissons…, mais aussi le chocolat, les abeilles ou encore le temps. Plus que la disponibilité, c’est la question de la gestion et de l’accès à ces ressources qui se posera à l’avenir, pour que la rareté n’aille plus de pair avec les privilèges.

La quatrième partie (« Futur indicatif ») s’interroge sur la gestion des nouveaux flux mondiaux (données, personnes, marchandises…), afin de réduire leur impact environnemental et les risques sécuritaires.

La cinquième partie (« Faire plus avec moins ») constate que, face à ces multiples défis, les réponses viennent de plus en plus de la société civile. L’enjeu pour l’avenir sera d’ailleurs de réussir à pérenniser les initiatives et nouveaux modèles qui émergent depuis quelques années. Ainsi, l’économie collaborative sort de la phase d’idéalisation du début pour entrer dans une phase de maturation qui supposera de répondre aux critiques dont elle fait l’objet (émergence de nouveaux monopoles de l’offre, statut des travailleurs, impact environnemental, etc.).

Enfin, la dernière partie propose d’imaginer 2038 au travers de cartographies réalisées par des collégiens et d’articles fictifs de journaux.

Comme le souligne l’auteur, la prospective est plus que jamais nécessaire pour comprendre le nouveau monde qui est en train de naître. Mais elle devra réussir à adapter ses outils et ses approches pour mieux prendre en compte les nouvelles priorités de ce dernier, qu’il s’agisse de bien-être, de cohésion sociale ou de préservation des écosystèmes.

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