Note de veille

Économie, emploi - Ressources naturelles, énergie, environnement

L’avenir de l’emploi agricole est dans le bio

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La demande de produits bio pousse les producteurs hexagonaux, tant agriculteurs que transformateurs à se convertir. Une étude de terrain d’Agreste (dépendant du ministère français de l’Agriculture) publiée en 2016 [1], atteste qu’en moyenne, sur des exploitations comparables, l’agriculture bio requiert environ un mois de travail supplémentaire par an [2] que l’agriculture en pratique conventionnelle, et même deux mois quand les produits sont vendus en circuits courts.

Évolution des opérateurs et des surfaces certifiées bio de 1995 à 2017


Source :
Agence Bio. URL : http://www.agencebio.org/sites/default/files/upload/documents/4_Chiffres/surf_operateurs_2016.png

Le site de l’Agence Bio [3] indique qu’en 2016 la filière bio représente 118 000 emplois directs, dont près des deux tiers (77 700 emplois) dans les fermes ; le reste étant dans la transformation et la distribution. L’emploi dans la filière a augmenté de 8,4 % par an en moyenne de 2012 à 2016.

En 2016, les exploitations bio représentaient 7,3 % des exploitations françaises, 10,8 % de l’emploi agricole et passaient la barre des 5 % de la surface agricole utile. En 2017, ce sont 8,3 % des exploitations, 12,5 % de l’emploi agricole (88 400 emplois) et 6,6 % de la surface agricole utile. Soit un bond conséquent de l’emploi agricole dans cette filière, de 14 % entre 2016 et 2017, dans un contexte où l’emploi agricole global baisse d’environ 1 % par an sur la période 2010-2015 selon les derniers chiffres d’Agreste.

Comme le montre la carte ci-après, le nombre de producteurs bio est en croissance partout : dans les régions pionnières de la production bio telles l’Occitanie, Rhône-Alpes et la Nouvelle-Aquitaine, mais aussi dans des régions moins converties à cette agriculture comme les Hauts-de-France, l’outre-mer (Réunion, Guadeloupe) ou l’Île de France. C’est dans les fruits, la viticulture et les légumes que le bio est le mieux implanté. Il représentait en 2017 20 % des surfaces de vergers et 10 % des surfaces de vigne. Enfin, compte tenu des surfaces en conversion vers l’agriculture biologique en 2017, les surfaces certifiées bio devraient encore croître de 23 % en 2018 selon l’Agence Bio, notamment avec l’augmentation des surfaces fourragères pour l’élevage. Les filières d’élevage les plus engagées dans le bio sont aujourd’hui les poules pondeuses et les brebis, avec respectivement 10 % et 9 % de ces cheptels produits en bio.

Évolution du nombre de fermes bio en France 2016-2017


Source :
Agence Bio.

Mais la demande des consommateurs français augmente plus vite que la production nationale, le marché (plus de huit milliards d’euros) a crû de 16 % entre 2016 et 2017, après une hausse de plus de 20 % entre 2015 et 2016. En conséquence, les importations de produits bio on continué à progresser pour représenter 31 % de la consommation bio nationale en 2017 (29 % en 2016). Dans les céréales par exemple, la France est le premier producteur européen, mais elle doit importer les céréales bio.

Le gouvernement espère contrer la tendance avec son plan Ambition bio qui compte faire passer le bio à 15 % de la surface agricole utile en 2022, contre 6,6 % en 2017. L’emploi agricole ne pourra qu’en bénéficier puisque c’est déjà dans les trois cultures les plus représentatives de la production bio en France que l’emploi agricole, entre 2010 et 2015, soit a augmenté (+ 0,5 % en moyenne annuelle dans le maraîchage, + 0,3 % en moyenne annuelle pour les « fruits et autres cultures permanentes ») soit s’est stabilité (la viticulture) ; alors que les autres productions agricoles voient toutes l’emploi baisser.

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Sources :
« Le bilan annuel de l’emploi agricole. Résultats 2015 et estimations 2016 », Chiffres et données / série Agriculture, n° 238, juillet 2017. URL : http://agreste.agriculture.gouv.fr/publications/chiffres-et-donnees/article/le-bilan-annuel-de-l-emploi-13099 ; « Chiffres de la bio en France », Agence Bio. URL : http://www.agencebio.org/la-bio-en-france ; « L’agriculture biologique, un accélérateur économique, à la résonnance sociale et sociétale », Agence Bio, dossier de presse,  1er juin 2018. URL : http://www.agencebio.org/sites/default/files/upload/agencebio-dossierdepressechiffres-juin2018-bat_31.05.2018.pdf ; Grasland Emmanuel, « Boom de l’emploi dans la filière bio », Les Échos, 4 juin 2018. URL : https://www.lesechosdelafranchise.com/franchise-les-echos/boom-de-l-emploi-dans-la-filiere-bio-54239.php. Consultés le 19 juin 2018.



[1]Massis Déborah et Hild François, « La pratique de l’agriculture biologique créatrice d’emploi ? Une évaluation de l’impact du bio sur la quantité de travail agricole », Les Dossiers d’Agreste, n° 35, juillet 2016. URL : http://agreste.agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/dossier35_integral.pdf. Consulté le 19 juin 2018.

[2] Ou 0,08 UTA (unité de travail annuel, qui équivaut au travail d’une personne à temps plein toute l’année).

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