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La transition des mentalités : un décryptage à travers les modes de consommation

Compte-rendu d’événement

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Les 1er et 2 décembre 2022 s’est tenue dans les locaux de Futuribles International une nouvelle session de la formation « Futurs de villes. Les villes et leurs acteurs au défi des transitions », animée par Isabelle Baraud-Serfaty, économiste et urbaniste, directrice d’Ibicity. Comme lors de la session précédente, les différentes interventions ont apporté des éclairages thématiques sur quelques-unes des nombreuses facettes de la ville et de la fabrique urbaine aujourd’hui et demain.

Gomant Fabienne, « La transition des mentalités : un décryptage à travers les modes de consommation », formation « Futurs de villes », Futuribles International, 1er décembre 2022.

Les résumés de ces interventions ont été rédigés par Quentin Bisalli et ne visent en aucun cas à reprendre l’intégralité des propos exprimés : il s’agit ici de garder trace de la spécificité de leur approche. Ces résumés n’engagent pas les intervenants, qui ne les ont pas lus avant publication, et les illustrations en exergue ont été, sauf exception, choisies par Futuribles. Cet article porte sur l’intervention de Fabienne Gomant, directrice adjointe du pôle Opinion et stratégies d’entreprise à l’Ifop, consacrée à la transition des mentalités.

Le passage d’une société de production à une société de consommation a été symboliquement entériné en France au printemps 1992 : 13 jours après la fermeture de l’usine Renault de Boulogne-Billancourt, où plus de 30 000 ouvriers travaillaient, Eurodisney était inauguré et emploierait rapidement 16 000 personnes.

Cette progressive désindustrialisation s’est accompagnée d’une forte tertiarisation de l’économie, remplaçant une partie de l’industrie par le secteur des services et de la logistique. Sociologiquement, cela s’est traduit par la destruction de postes industriels certes précaires, mais qui pouvaient être conçus par les ouvriers comme des situations temporaires, au profit de postes tertiaires sans perspectives d’évolutions franches : ces situations autrefois transitoires sont aujourd’hui trop souvent pérennes. D’où un sentiment de déclassement important de toute une part de la classe moyenne, qui subit à la fois une stagnation de ses revenus moyens et des inégalités de plus en plus enkystées.

Plus récemment, la crise sanitaire a engendré des changements importants dans les mentalités, que les différents sondages permettent aujourd’hui d’objectiver. Le premier constat général est que ces effets ont pu être surévalués à la sortie du premier confinemen...