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Directeur

Thierry Hommel
Directeur de Thierry Hommel Conseil, économiste, enseignant à l’École nationale des ponts et chaussées et conseiller scientifique de Futuribles International.

Document étude

Économie, emploi - Géopolitique - Institutions

L’intégration économique, macroéconomique et sécuritaire en Afrique de l’Ouest

Par

On entend par « intégration régionale » un processus initié autour d’institutions formelles par des États voisins et désireux de surmonter leurs différends dans les domaines politiques, matériels, économiques ou sociaux. Parallèlement, l’intégration régionale peut désigner des échanges et des transactions qui échappent aux autorités publiques, et s’organisent en dehors des institutions. En Afrique de l’Ouest, ces deux dynamiques coexistent : certains processus d’intégration résultent de délibérations politiques et sont formalisés ; d’autres sont informels. Ainsi, le commerce informel transfrontalier, essentiellement lié à la vente de biens et de services agricoles, voit ses transactions s’effectuer en dehors des législations locales. Son existence révèle une dynamique d’intégration économique statistiquement sous-estimée, mais pourtant essentielle à l’approvisionnement en biens et services des États de la sous-région.

Principale organisation ouest-africaine, la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) est quant à elle non seulement le bras armé de l’intégration économique dans la sous-région, mais aussi, directement ou par le truchement d’agences spécialisées, en charge de nombreuses autres prérogatives. Certains dénoncent d’ailleurs cette extension continue des objectifs poursuivis par une institution qui peine à assumer ses missions initiales ; d’autres saluent à la fois son courage et ses ambitions, notamment dans le domaine sécuritaire. Ces visions opposées traduisent la difficulté à évaluer la réalité de l’intégration en Afrique de l’Ouest et à anticiper sur l’avenir. Nonobstant ces difficultés, ce diagnostic prospectif entend faire le point sur les avancées réalisées en matière d’intégration régionale, interroger ses perspectives d’évolution sur les plans économique, macroéconomique et sécuritaire à 10 ans, et vérifier la nature des changements qu’il est raisonnable de projeter en matière d’intégration de la sécurité à l’horizon 2030.