Rapport

Géopolitique

The Future of EU-ASEAN Relations

Par

The Future of EU-ASEAN Relations
NUTTIN Xavier , « The Future of EU-ASEAN Relations », Parlement européen, 2017.

Cette étude a été réalisée à la demande de la Commission des affaires étrangères du Parlement européen à l’occasion du 40e anniversaire des relations officielles entre l’Union européenne (UE) et l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN). Fondée le 8 août 1967, suite à la déclaration de Bangkok, l’ASEAN est une organisation régionale qui compte aujourd’hui 10 États membres : l’Indonésie, la Malaisie, les Philippines, Singapour, la Thaïlande, Brunei, le Viêt-nam, le Laos, la Birmanie et le Cambodge.

La première partie de l’étude revient sur les circonstances qui ont entouré la naissance de l’ASEAN, créée dans le contexte de la guerre froide afin de contenir l’expansion communiste en Asie du Sud-Est. Le fait que depuis 1975, en dépit de conflits résiduels, la région — quelquefois qualifiée de « Balkans de l’Asie » — ait retrouvé la paix et la stabilité ne constitue pas la moindre des réussites à porter au crédit de l’association, mais les considérations initiales liées à la sécurité ont, depuis, largement cédé le pas aux préoccupations économiques.

Entrée en vigueur le 1er janvier 2009, la charte de l’ASEAN réaffirme les principes fondateurs de souveraineté, d’indépendance et de non-interférence. L’étude rappelle que si l’ASEAN et l’UE constituent aujourd’hui les deux plus importants projets d’intégration régionale dans le monde, ils suivent des logiques fondamentalement différentes. L’ASEAN souffre d’un déficit d’institutionnalisation et un processus d’intégration tel que celui qui a cours dans l’UE est une hypothèse peu probable en Asie au cours des prochaines décennies.

La deuxième partie de l’étude passe en revue les trois piliers sur lesquels repose la Communauté de l’ASEAN : 1) la Communauté politique et de sécurité de l’ASEAN ; 2) la Communauté économique de l’ASEAN ; 3) la Communauté socioculturelle de l’ASEAN. Et elle examine les avancées obtenues au regard des objectifs définis dans le cadre de la « Vision 2025 de la Communauté de l’ASEAN ». L’UE est un partenaire majeur de l’ASEAN et le donateur le plus important du secrétariat de l’Association.

La troisième partie de l’étude établit un état des lieux de la coopération entre l’UE et l’ASEAN au sein de chacune des trois communautés. La quatrième et dernière partie, consacrée à la dimension parlementaire du partenariat entre l’UE et l’ASEAN, prône une consolidation du dialogue entre le Parlement européen et l’Assemblée interparlementaire de l’ASEAN (AIPA).

En conclusion, l’étude formule plusieurs recommandations dans la perspective de renforcer les relations entre les deux organisations régionales. Face aux priorités du moment — question des flux migratoires, lutte contre le terrorisme islamiste, relations avec l’Ukraine, la Russie… —, le risque existe que les relations avec l’Asie en général et l’ASEAN en particulier soient reléguées dans l’agenda européen. Certes, l’Europe n’est pas et ne deviendra pas une puissance de l’Asie ou du Pacifique. Mais l’intensification et l’approfondissement des liens politiques et économiques avec l’ASEAN, l’une des régions du monde les plus dynamiques, qui partage les positions de l’UE sur le multilatéralisme et le libre-échange, apporteront d’importants bénéfices aux citoyens européens. L’étude plaide pour l’établissement d’un partenariat stratégique qui englobe tous les domaines, du commerce à l’énergie, de la lutte contre le changement climatique aux questions de sécurité, des droits humains au développement durable.

Site web
http://www.europarl.europa.eu/RegData/etudes/STUD/2017/578043/EXPO_STU(2017)578043_EN.pdf