Rapport

Ressources naturelles, énergie, environnement - Société, modes de vie

L’Environnement en France 2019. Rapport de synthèse

Par

L’Environnement en France 2019. Rapport de synthèse
MTES (ministère de la Transition écologique et solidaire) , « L’Environnement en France 2019. Rapport de synthèse », La documentation Française / MTES, 2019.

Le ministère de la Transition écologique et solidaire publie tous les quatre ans depuis 1994 un rapport sur l’état de l’environnement en France. L’édition 2019 est marquée par deux nouveautés :

— en termes de format, le rapport s’accompagne d’un site Internet proposant des ressources complémentaires, et sera complété par des focus thématiques publiés tout au long de l’année ;

— sur le fond, elle accorde une place importante aux modes de vie d’une part et aux limites planétaires d’autre part.

Comme chaque édition, celle-ci propose tout d’abord un bilan des évolutions récentes d’un certain nombre d’indicateurs environnementaux. Et le ministère se félicite de nombreuses améliorations depuis 20 ans :

— diminution des émissions de polluants atmosphériques (même si les pics de pollution sont de plus en plus fréquents dans les grandes agglomérations) ;

— baisse de 18 % des émissions nationales de gaz à effet de serre, très insuffisante cependant pour atteindre l’objectif facteur 4 (division par quatre du volume d’émissions par rapport au niveau de 1990), et encore plus pour l’objectif de neutralité carbone ;

— diminution de 15 % des prélèvements d’eau potable en 10 ans ;

— amélioration de la qualité des eaux de rivière.

Les auteurs relativisent néanmoins ces bonnes nouvelles en rappelant que d’autres indicateurs enregistrent des évolutions plus modérées, voire préoccupantes, comme la qualité chimique des eaux souterraines, l’état des écosystèmes (terrestres, aquatiques et marins) ou encore l’artificialisation des sols. Ils soulignent aussi qu’au-delà d’indicateurs de suivi (souvent de plus en plus précis), il peut être difficile de disposer d’une vision systémique intégrant la diversité des problématiques.

C’est pour mieux les prendre en compte que la deuxième partie du rapport s’intéresse aux limites écologiques planétaires. Cette approche repose sur neuf types de dégradations environnementales menaçant l’équilibre de la planète, parmi lesquelles :

— quatre sont déjà atteintes, à savoir le changement climatique, l’érosion de la biodiversité, la perturbation des cycles biogéochimiques de l’azote et du phosphore, les changements d’utilisation des sols ;

— trois ne le sont pas, l’acidification des océans, l’utilisation mondiale de l’eau, l’appauvrissement de l’ozone stratosphérique ;

— deux ne font pas l’objet d’un seuil officiel, l’augmentation des aérosols dans l’atmosphère et l’introduction d’entités nouvelles dans la biosphère.

Les auteurs invitent à mieux prendre en compte l’impact de la France sur ces limites pour en tenir compte dans ses stratégies de transition. Selon leurs estimations, la France contribue très négativement à deux de ces limites (changement climatique et biodiversité), plus modérément à quatre autres (cycle de l’azote, changement d’utilisation des sols, acidification des océans et usage de l’eau), et n’a une influence positive que sur deux d’entre elles (ozone et aérosols).

Enfin, la dernière partie analyse à la fois les impacts de ces limites pour la France et l’évolution des modes de vie dans le contexte de la transition écologique. Les auteurs rappellent que les conditions de vie des Français se sont largement améliorées depuis 30 ans, mais constatent que des inégalités demeurent voire s’aggravent, notamment à cause des conséquences du réchauffement climatique. En particulier, les risques d’inondation, de vague de chaleur, de sécheresse et de montée des eaux pourraient accroître fortement les inégalités territoriales.

Cette partie accorde aussi une large place aux nouvelles attentes et pratiques des habitants visant à réduire leur impact environnemental : circuits courts, consommation responsable, zéro déchet, etc.

Dans cette édition, le ministère manifeste donc sa volonté de dépasser ses approches traditionnelles des enjeux environnementaux en intégrant à la fois des enjeux globaux et des évolutions sociétales. Dommage néanmoins qu’il passe totalement sous silence les impacts environnementaux des différents secteurs économiques et donne l’illusion que les leviers d’action relèvent principalement de la société...

Site web
https://ree.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/9782111570573_lenvironnementenfrance_edition2019_rapportdesynthese_v24_web_light.pdf