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Rationner les déplacements carbonés ?

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Le mouvement des « gilets jaunes », en France, a rappelé toute la difficulté de conjuguer les enjeux de la transition écologique avec les contraintes des ménages en matière de mobilité. Le secteur des transports représente aujourd’hui près d’un tiers des émissions de gaz à effet de serre de la France, ce qui en fait le premier secteur contributeur. Ses émissions sont tout juste stabilisées depuis 10 ans. Et jusqu’à présent, les émissions de CO2 du secteur des transports ne diminuent pas en France, alors qu’elles devraient baisser de 28 % d’ici 2030 (par rapport à 2015).

Pour atteindre cet objectif, faut-il envisager une politique de limitation des déplacements qui soit efficace ET équitable ? C’est l’hypothèse testée par des chercheurs pour le Forum vies mobiles, comme alternative à la taxe carbone, dans une étude rendue publique en septembre 2021, intitulée « Rationner les déplacements carbonés : une alternative d’avenir à la taxe carbone ? » Selon eux, cette solution permettrait d’une part de limiter véritablement les émissions nationales en fonction du seuil défini par l’État, d’autre part d’octroyer le même droit à chaque Français, indépendamment de ses moyens financiers. Pour comprendre le potentiel d’une telle mesure, ils ont conduit une étude de faisabilité pratique et chiffrée. Ils concluent que cette faisabilité est réelle, à condition de respecter certains principes : équité, progressivité de la mise en œuvre, gestion centralisée par une agence nationale publique… Ils imaginent ainsi que chaque citoyen pourrait disposer d’une carte individuelle qu’il devrait présenter pour tout achat de carburant ou d’un billet d’avion, dotée d’un quota initial qui serait débité à chaque transaction. Ce quota pourrait être modulé en fonction de la taille des ménages, du type de territoire ou encore de certaines situations particulières (nécessitant plus de déplacements).