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Société, modes de vie

L’Obs imagine le monde en 2049

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Dans un numéro spécial paru en janvier 2020, L’Obs a rassemblé des témoignages d’experts, d’acteurs de l’innovation, des fictions et des articles prospectifs afin d’imaginer notre vie en 2049. Voici cinq idées qui nous ont marqués à la lecture de ce numéro.

1.       En 2049, l’amour sera-t-il bio ? (p. 27)

Au fil de ce numéro spécial, les journalistes de L’Obs se sont essayés à des exercices de prospective classés dans la rubrique « Interlude ». Dans l’un de ces interludes « L’amour au temps des big data », neuf tendances actuelles concernant les relations entre l’amour et la technologie sont extrapolées à l’horizon 2049. L’auteur se demande si, face à la multiplication des applis de rencontre qui gâchent un peu la spontanéité de la rencontre amoureuse, une poignée d’irréductibles romantiques ne s’adonnera pas à « l’amour bio », c’est-à-dire 100 % naturel, sans aucune aide technologique que ce soit pour la rencontre mais également dans le couple (pas de programmation génétique dans la conception de leurs enfants par exemple…).

2.       Impression de nourriture en 3D : l’émergence des foodtubers (p. 36)

Open Meals est une entreprise japonaise qui devrait proposer dès 2020, aux clients de son restaurant, des sushis imprimés en 3D correspondant à leurs besoins nutritifs (définis au préalable par une analyse d’urine et de salive !), grâce à un bras-robot articulé (pas plus grand qu’un robot multifonction actuel). En plus d’être révolutionnaire, cette invention, si elle se démocratise dans les années 2040, pourrait entraîner l’émergence de foodtubers, des chefs en ligne qui proposeraient leurs recettes en impression 3D.

3.       Un steakin vitro sera-t-il casher ? (p. 37)

La société israélienne Aleph Farms est l’une des start-ups les plus avancées en matière de viande in vitro. Elle est capable de reproduire les conditions favorables au développement d’un muscle animal : le procédé prend actuellement trois semaines. La firme envisage des économies d’échelle et une commercialisation grand public d’ici trois à quatre ans et commence à se poser des questions du type : du fait de l’absence du rituel lié à l’abattage des bêtes, une viande in vitro peut-elle être considérée comme casher ?

4.       Transport maritime : « Il faut accepter l’allongement des délais, parce que les navires vont prendre des routes plus longues et réduire leur vitesse » (p. 46)

Marc van Peteghem, architecte naval et cofondateur de l’agence VLPL qui a conçu une voile spéciale pour la navigation des cargos (dans le but de réduire leurs émissions de CO2 de 30 %) explique qu’à l’avenir, la navigation telle qu’on la connaît va disparaître : il ne s’agira plus de relier un point A à un point B par la route la plus directe, mais plutôt de choisir sa route, au fil de l’eau, en fonction des vents et de la météo afin que le transport soit le moins énergivore possible.

5.       2049 : le « milieu » remplace l’« environnement » selon une idée de Vinciane Despret, philosophe (p. 59)

Selon la philosophe Vinciane Despret, auteur de l’ouvrage Habiter en oiseau, paru en octobre 2019 (chez Actes Sud), la relation de l’homme à la nature est conditionnée par les termes qui la définissent. Le mot « environnement » pour qualifier la nature la réduit à ce qui nous « environne » et suppose donc qu’on puisse se servir sans modération pour satisfaire nos besoins. En 2049, on parlera davantage de « milieu », un terme qui replace l’homme dans une relation d’égal à égal avec la nature, avec qui il est en interaction et en négociation permanentes.

Futuribles s’était également prêté à l’exercice en 2018 dans son rapport Vigie : Comment vivrons-nous ? 20 questions pour 2050

Dans ce numéro spécial, L’Obs s’est intéressé à plusieurs aspects de notre quotidien : se loger, se nourrir, se déplacer, s’oxygéner, se défendre, se soigner, travailler, consommer et se chauffer. L’association Futuribles International s’était prêté au même exercice en 2018 avec son rapport biannuel Vigie Comment vivrons-nous ? 20 questions pour 2050 dans lequel étaient explorées trois thématiques : le corps, le temps et l’espace et la société. Plusieurs scénarios avaient été réalisés pour l’occasion, ils ont d’ailleurs été mis en scène lors du Forum des futurs 2018 par des étudiants de l’École de management et de l’innovation de Sciences Po Paris.