Note de veille

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Les principaux changements à venir selon les acteurs des territoires

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Dans le contexte de la crise sanitaire, Futuribles International a cherché à savoir comment les acteurs des territoires percevaient les changements de leur environnement. Au-delà des évolutions de comportement ou d’organisation pendant la crise sanitaire, quelles sont les mutations plus structurelles dont il faudra tenir compte dans les 10 prochaines années dans les territoires ?

Futuribles International a pour cela proposé, début janvier 2021, une enquête en ligne à laquelle 97 acteurs territoriaux ont répondu. Ils se sont exprimés, à partir d’une liste de 30 changements à l’horizon 2030, sur leur perception de l’importance de ces changements pour leur territoire, et sur le degré de maîtrise dont ils considéraient disposer localement face à ces changements.

Première observation, ce sont les changements environnementaux et sociaux qui sont les plus cités, avec une mention spéciale pour les « crises écosystémiques » qui correspondent à la superposition de différentes natures de crise (économique, sociale…) liées à une forte dégradation des écosystèmes ou du climat.

Deuxième observation, si les répondants considèrent globalement que les changements proposés sont tous importants à prendre en compte (aucune notation moyenne inférieure à 3,4 sur 5), ils estiment que la capacité des acteurs locaux à y faire face n’est que partielle (la grande majorité des notations moyennes par changement se situe entre 2 et 3 sur 5).

Troisième observation : il existe des changements majeurs pour le devenir des territoires, pour lesquels une part importante d’acteurs considèrent que leurs marges de manœuvre sont nulles ou quasi inexistantes.

Parmi ces changements : les crises écosystémiques, le recul de la biodiversité, la place croissante des GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) dans l’organisation des services au public, les stratégies de zéro artificialisation des sols, le développement du communautarisme, le poids très élevé de la dette publique et la fragilisation de la forêt face au changement climatique.

Cette enquête montre bien que les acteurs territoriaux sont conscients de l’ampleur des changements à l’œuvre, mais aussi du fait que la capacité à anticiper ou à gérer ces changements sera nécessairement collective. Si les échelons locaux sont amenés à monter en puissance, c’est aussi sur la bonne articulation des échelles territoriales qu’il faudra miser pour agir plus efficacement.

Au-delà de cet aspect, il existe sans doute des champs de coopérations et d’innovations territoriales à défricher et à structurer, afin que les acteurs locaux ne soient pas seulement en situation de subir les changements à venir. Le recul de la biodiversité ou de la forêt, les crises écosystémiques ou les modes de gestion des services au public peuvent aussi, à la condition de modes d’organisation efficients, être anticipés et pris en charge au niveau local. De nombreux territoires précurseurs en apportent déjà la preuve.

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Cet article est en accès libre jusqu'au 29/03/2021. Devenez membre pour accéder à l'ensemble des productions de l'association.

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