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Le changement climatique au présent : réalités et prises de conscience

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Une seule journée d’observation des températures et de l’humidité à l’échelle mondiale suffit à mesurer l’impact du changement climatique. Alors que pendant des générations, les climatologues faisaient la distinction entre la météo, que l’on étudie quotidiennement, et le climat, résultat au long cours d’évolutions latentes, une équipe de chercheurs suisses a ainsi mis en évidence que, depuis 2012, chaque jour, sans exception, porte la marque du réchauffement planétaire.

Si cette conclusion semble évidente pour les personnes les plus au fait du changement climatique, elle bouleverse en réalité les représentations habituelles du phénomène. En effet, le réchauffement climatique mondial n’est plus à anticiper mais à constater et les rhétoriques, y compris scientifiques, qui placent l’augmentation des températures dans un futur plus ou moins lointain ne peuvent plus tenir. Les auteurs de l’étude espèrent ainsi participer à la prise de conscience citoyenne et politique de la force d’influence du changement climatique sur les écosystèmes, et de l’urgence à réagir. 

Comme pour tristement illustrer cette étude, parue début janvier 2020, les incendies majeurs qui ont ravagé l’Australie à compter de décembre 2019 ont effectivement mis en évidence l’actualité bien réelle du réchauffement planétaire. De fait, décrits comme le premier désastre climatique de cette nouvelle décennie, ces incendies ont et auront des conséquences mesurables non pas à la seule échelle du pays, mais bien à celle du monde entier, ce qui souligne la nécessité d’une réponse coordonnée et internationale.

Alors que plusieurs millions d’hectares de terres australiennes, y compris arables, ont été ravagés, des centaines d’espèces végétales et animales fragilisées ou détruites, des villes entières forcées à fuir, et l’état d’urgence déclaré sur l’ensemble du territoire, les retombées de ces mégafeux se mesureront aussi via l’aggravation de l’effet de serre mondial, du fait des quantités massives de fumées et de poussières produites par les combustions. Selon certains analystes, les émissions des feux pourraient, à elles seules, doubler voire tripler les émissions australiennes annuelles habituelles liées à l’usage des énergies fossiles (soit 540 millions de tonnes entre mars 2018 et mars 2019). Résultats de décennies de politiques économiques axées sur de fortes ambitions de production, exposées et analysées extensivement par le journaliste Maxime Lancien dans Le Monde diplomatique en décembre 2019, ces incendies annoncent un futur de plus en plus sombre pour l’Australie mais aussi pour la planète.

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Cet article est en accès libre jusqu'au 16/04/2020. Devenez membre pour accéder à l'ensemble des productions de l'association.

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