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GIEC : des prévisions en dessous de la réalité ?

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Souvent jugées trop alarmistes, les prévisions du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) pourraient bien avoir sous-estimé les effets du réchauffement climatique… C’est en tout cas ce qui ressort d’un article du Monde qui fait le point sur les cinq rapports du GIEC dédiés au réchauffement climatique, et dont la conclusion est la suivante : si, lors de la parution de chaque rapport, il a été reproché au GIEC d’être trop alarmiste, en réalité et avec le recul (le premier rapport datant de 1990), il semblerait que les experts du GIEC aient correctement estimé l’augmentation des émissions de CO2 et qu’ils aient largement sous-estimé l’augmentation du niveau des océans.

Comme le montre le graphique ci-dessus, l’évolution des émissions mondiales de CO2 depuis le début des années 2000 suit plutôt les scénarios les plus pessimistes établis par les experts du GIEC.

Concernant, la montée du niveau des océans, les trois premiers rapports du GIEC n’ont pas montré de tendance à l’évolution de la superficie de la banquise. La disparition probable de la banquise de fin d’été n’a été envisagée que dans les pires scénarios, à partir du quatrième rapport du GIEC. Cette sous-estimation s’explique par la variabilité naturelle du climat de l’océan Arctique qui rend les projections sur quelques décennies assez hasardeuses, et par la difficulté de simuler la formation et la tenue de la glace de mer qui résultent d’échanges de chaleur encore mal compris aujourd’hui entre la terre, l’air et les océans.

Dans son cinquième rapport (2014), le GIEC évoque, pour la première fois, le fait que les calottes de l’Antarctique ouest contribuent à faire monter le niveau des eaux. Et le rapport spécial du GIEC sur les océans publié fin septembre 2019, révise encore ses prévisions à la hausse (jusqu’à une montée des eaux de deux mètres en 2100 dans le scénario le plus pessimiste). Toutefois, les précisions du GIEC concernant la montée du niveau des océans se classent parmi les plus prudentes. Certains travaux envisagent une élévation pouvant aller jusqu’à sept mètres.

Notons que sur le sujet de la montée du niveau des océans, l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) vient de publier un rapport sur les conséquences environnementales, sociales et économiques de la montée de la mer d’ici 2100, et les anticipations possibles. Denis Lacroix, chercheur à l’Ifremer et auteur du rapport, et Nicolas Rocle, responsable du pôle Territoires littoraux et fluvio-estuariens à l’IRSTEA (Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture) présenteront les principaux résultats de ce rapport à Futuribles lors d’une table ronde, le 17 décembre à 17h30.