Après une période de vaches maigres, le trafic aérien connaît un rebond spectaculaire, à la mesure de l’effondrement brutal qu’il a subi pendant la crise Covid en 2020 (moins 60 % [1]). Néanmoins, à plus long terme, la croissance du secteur pourrait être ralentie par la fin des effets de cycles post-pandémie et par la montée des réglementations climatiques.
Selon l’Association du transport aérien international (IATA), il faut en moyenne cinq ans au transport aérien civil pour retrouver le trafic perdu en cas de crise. Avec une croissance du trafic attendue à 3 % en 2024 par rapport à 2019, la reprise de l’activité est encourageante [2]. Concernant les avionneurs et les aéroports, l’équation économique est légèrement différente, mais les résultats sont, là aussi, très encourageants. Démonstration faite au salon du Bourget 2023, où les compagnies aériennes ont rempli les carnets de commandes des deux plus gros avionneurs, avec plus de 1 000 appareils vendus [3].
Un marché qui repart
Dans ce contexte, les géants de l’aéronautique tablent sur une croissance robuste et un doublement des flottes, soit 48 575 avions en 2040. L’IATA estime que le trafic mondial pourrait atteindre 7,2 milliards de passagers à l’horizon 2035 et 10 milliards en 2050, contre 4,5 milliards en 2019 (graphique 1). Le trafic pourrait être multiplié par deux en Europe, par 2,5 en Amérique du Sud et par 3,25 en Asie-Pacifique.
Ces perspectives optimistes s’expliquent à la fois par le potentiel de croissance de plusieurs pays émergents et par le maintien d’une réelle envie de voler des consommateurs dans les pays occidentaux. Par ailleurs, la croissance du nombre de commandes d’avions s’explique par des effets de cycle des compagnies occidentales qui sont tenues de renouveler leur flotte a minima tous les 25 ans. Néanmoins, d’autres facteurs pourraient contraindre la croissance structurelle du secteur.



