La crise économique qui a touché tous les pays développés depuis 2008 a redonné une certaine actualité aux politiques de recherche et d’innovation. On considère, en effet, qu’elles ont un rôle important à jouer dans les stratégies de sortie de crise, mais on s’interroge aussi sur les secteurs de la recherche qu’il serait utile de soutenir. Les plans de relance, aux États-Unis, en Europe (le grand emprunt en France) et au Japon ont concrétisé l’engagement de faire de la R&D (recherche et développement) un outil sinon pour sortir de la crise, du moins pour préparer des futures mutations techniques. Par ailleurs, la lente prise de conscience de la nécessité de prendre des mesures pour atténuer le changement climatique a contribué à donner une priorité aux recherches environnementales et sur les énergies renouvelables auxquelles des moyens financiers publics nouveaux ont été accordés.
Rappelons enfin que, depuis plusieurs années déjà, l’inquiétude suscitée par les délo¬calisations industrielles et les avancées techniques de pays asiatiques (la Chine et la Corée du Sud en particulier) avaient conduit les pays développés à considérer qu’il leur fallait tenter de conserver une avance scientifique et technique leur permettant de préserver leur compétitivité technologique. C’était, en particulier, la stratégie affichée par le plan améri¬cain America Competes Act, voté par le Congrès en 2007 et destiné à promouvoir l’excel¬lence dans la technologie, l’éducation et la science. Il est opportun de faire un bilan aujourd’hui des évolutions des potentiels scientifiques et techniques des grandes régions de la planète, et de leur production scientifique et technique depuis cinq ans à travers des indicateurs de science et de technologie rendus publics par des rapports récents.


