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Note de veille, 27 septembre 2012
La France atteindra-t-elle ses objectifs énergie-climat en 2020 ?
Le Grenelle de l’environnement a fixé des objectifs à horizon 2020, notamment dans le domaine énergie-climat. La France en est encore loin : c’est ce que montre le bilan intermédiaire publié par le ministère de l’Écologie en préparation à la conférence environnementale de septembre 2012.
En accord avec les objectifs européens de division par 4 des émissions de GES à l’horizon 2050 par rapport à leur niveau de 1990, la France s’est ainsi engagée à atteindre en 2020 les objectifs dits « 3x20 » :
- augmenter de 20 % l’efficacité énergétique (ou diminuer de 20 % la consommation d’énergie, la formulation étant relativement floue [1]) ;
- réduire de 20 % les émissions de gaz à effet de serre (GES) ;
- atteindre 20 % d’énergies renouvelables dans la consommation totale.
Où en est-on aujourd’hui ?
1) Émissions de GES
En 2010, la baisse des émissions de GES n’atteignait que 6,6 % par rapport à 1990.
Cependant, les émissions de GES du secteur du transport, qui représentait 34,5 % des émissions totales de GES de la France en 2009, ont diminué de 8 % depuis leur niveau maximum en 2002. Elles ont retrouvé, en 2011, leur niveau de 1998, et ont diminué particulièrement vite entre 2008 et 2009, au plus fort de la crise économique.
Le rapport conclut que la France « n’est, à ce stade, pas en ligne pour réaliser le facteur 4 s’agissant de ses émissions de gaz à effet de serre ».

2) Consommation d’énergie
En 2010, la consommation finale d’énergie de la France représentait 148 Mtep (millions de tonnes équivalent pétrole), la cible étant de 128,9 Mtep en 2020. Selon le rapport d’étape, la consommation a diminué pour la première fois en 2010, d’environ 7 Mtep. Mais les mêmes données corrigées des variations climatiques montrent que la consommation finale stagne depuis 2009. Autrement dit, l’essentiel de la baisse s’explique par des hivers très doux, se traduisant par une moindre consommation de chauffage (électricité et gaz notamment) dans le tertiaire, qui représente un tiers de la consommation finale du pays [2].
Ainsi, alors que le rapport met en avant une baisse de la consommation finale d’énergie des bâtiments résidentiels de 8 % entre 2006 et 2010, la baisse n’atteint que 2 % avec les données corrigée des variations climatiques.
Même en supposant que le réchauffement climatique se traduise, à moyen terme, par des hivers plus doux, il semble difficile de miser uniquement sur cette évolution pour faire diminuer la consommation d’énergie totale de la France. Or, pour rappel, le Grenelle de l’environnement fixe comme objectif une baisse de la consommation finale d’énergie des bâtiments résidentiels de 38 % entre 1990 et 2020.

Par contre, la consommation d’énergie du secteur industriel diminue fortement depuis 10 ans (-2,2 % par an entre 2002 et 2009), et il ne représente plus que 21 % de la consommation finale du pays, contre 27 % en 1990. Cette baisse s’explique bien évidemment par la délocalisation ou le ralentissement des activités industrielles.
À l’inverse, les transports, qui représentent un tiers de la consommation totale d’énergie, connaissent une relative stabilisation de leur consommation d’énergie depuis 2003 (environ 50 Mtep). La diminution des émissions de GES du secteur, à consommation inchangée, s’explique en grande partie par l’incorporation de biocarburants dans les carburants (7 % depuis 2010 [3]), et par un report d’une partie du transport routier de voyageurs sur le ferroviaire [4].
3) Énergies renouvelables
Plus ambitieux encore que l’Union européenne, le Grenelle de l’environnement établit que les EnR devront représenter au moins 23 % de la consommation d’énergie finale de la France en 2020, soit un doublement par rapport à 2005.
Mais, même si la part des EnR dans le mix énergétique augmente régulièrement depuis 10 ans, en 2011, elle n’atteignait que 13,1 %.
Il reste huit ans à la France pour atteindre les objectifs 3x20, ce qui semble, pour l’instant, plutôt ambitieux...
Source : Wahl Thierry (sous la dir. de), Trajectoire de la France suite au Grenelle de l'environnement : les indicateurs de résultats Rapport pour la conférence environnementale de septembre 2012, Rapport d’étape, Paris : Conférence environnementale, ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, 2012.
[1] Voir à ce sujet Lesourne Jacques, « L’Europe, l’énergie et le climat », Futuribles, n° 388, septembre 2012, pp. 25-34.
[2] CGDD (Commissariat général au développement durable), « Bilan énergétique de la France pour 2011 », Références, juillet 2012. URL : http://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/publications/p/1938/966/bilan-energetique-france-2011.html
[3] « La fiscalité des biocarburants », 7 juillet 2011, ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie. URL : http://www.developpement-durable.gouv.fr/La-taxe-generale-sur-les-activites,23527.html
[4] Baverez Nicolas (sous la dir. de), « L’économie du ferroviaire », Les Assises du ferroviaire, septembre-décembre 2011. URL : www.developpement-durable.gouv.fr/document121660



