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La diète méditerranéenne, patrimoine menacé… en Méditerranée

L’alimentation, depuis des années déjà, fait sa révolution en Méditerranée. Socle identitaire et richesse de cette région, la diète méditerranéenne y est pourtant de moins en moins observée. Cette dérive, qui met en exergue les mutations sociétales à l’œuvre dans cet espace, accentue notamment les risques sanitaires et économiques. Pourtant, la diète méditerranéenne offre de nombreuses opportunités pour le développement, si l’on prend soin d’en examiner toutes les facettes, « du paysage à la table » [1].

En Méditerranée, les aliments et les pratiques culinaires n’ont cessé de s’enrichir au gré des migrations, des échanges et des conquêtes. La richesse de l’alimentation méditerranéenne fonctionne ainsi comme un prisme de l’histoire, où d’ailleurs les prescriptions religieuses figurent parmi les influences prégnantes. L’alimentation étant une forme de mémoire vivante du temps passé, la diète méditerranéenne fait partie des références récurrentes évoquées au sujet du patrimoine culturel de la région et des identités communes que partageraient ses pays. Enracinée dans le mot grec díaita, qui signifie « mode de vie » et non pas « mode de consommation », la diète méditerranéenne parle de savoir-faire, de croyances, de fêtes, de traditions, mais aussi de créativités et de capacités d’innovation. Elle raconte aussi et explique à la fois les paysages, les marchés, la culture pour le goût, les saveurs, les couleurs et les arômes de ces tables