Jair Bolsonaro, entré en fonctions le 1er janvier 2019 à la tête du Brésil, est-il un « Trump tropical » comme l’estiment de nombreux commentateurs ? Une campagne agressive menée sur les réseaux sociaux et indiquant déjà un style de gouvernance, un discours autoritaire qui ne s’embarrasse guère de contre-arguments et, sur le fond, des prises de position ultraconservatrices, sécuritaires et climato-sceptiques, justifient la comparaison. Or, tout comme son homologue de la Maison Blanche confronté au shutdown et aux répliques d’un Congrès hostile, Jair Bolsonaro pourrait se heurter à au moins trois sources de blocage. La première tient à un Congrès éclaté en une trentaine de partis et susceptible de défaire à tout moment une majorité parlementaire déjà fragile. La deuxième émane de la puissance des pouvoirs locaux, à commencer par celle des gouverneurs d’État. La troisième a trait aux tendances internes, et parfois contradictoires, du nouveau pouvoir exécutif. Le « Capitaine » tiendra-t-il ses troupes ?
Trois grandes factions se dégagent au sein des 22 portefeuilles de la coalition gouvernementale « bolsonariste ». L’une, militaire, est incarnée au premier chef par le vice-président et ancien général d’active Hamilton Mourão. Une autre, enracinée dans l’oligarchie nationale, prend notamment f


